samedi 27 mai 2017

Etat d'Âme#02#On était juste une famille !#

On était juste une famille ! 

Tout est parti en vrilles. Comme je l'ai déjà dit, je ne considérais pas notre famille comme un "modèle patriarcal hétéronorminatif" ! Mots que tu avais et as sans doute encore constamment à la bouche pour rejeter tout ce que nous avions construit par amour. Mais ça ne veut rien dire. Tout ça c'est des foutaises sociologiques et statistiques. On est est pas des modèles, on est des êtres humains ! On ne planifie rien de la vie ! La vie s'impose à nous ! Telle qu'elle vient, telle qu'elle est avec ses "ordres" et ses "désordres"...

Chacun mène sa vie comme il l'entend. Y'a pas de modèle "machin chouette", y'a juste que le fil de la vie à suivre... Mais où le bas blesse, c'est quand des individus de peu de scrupules, se permettent de s'immiscer dans la sphère familiale, de façon insidieuses, vicieuses, pour tout faire exploser de l'intérieur !... "Vous êtes le maillon faible !"

On était juste une famille ! faite de complémentarité, d'amour, de respect des différences et du respect du caractère de chacun avec une éducation et des valeurs propres à chaque famille.

Tu auras beau rejeter tout ça, la famille c'est toujours ce qui vous sauve et vous soutient. On pourra te promettre monts et merveilles, te bourrer le crâne pour te faire renier et detester ta famille. Mais sans famille on est rien !  Les liens du sang sont toujours les plus forts ! Les liens d'amour ne peuvent être dénoués, il reste là en nous comme un trésor à préserver.

Demain c'est la fête des mères, on ne sera plus jamais réuni comme avant. Oubliée, remisée, effacée... Comme si je n'avais jamais existé ! Et c'est logique en somme dans l'état d'esprit dans lequel tu es !




lundi 15 mai 2017

Réflexion#01#Trouble Borderline#

Eté 2015, tu sors de ta chambre et tu me lances : " M'man, je suis borderline!"

Quelle drôle d'idées ! Qui t'a mis ça dans la tête ?... On à réussi à t'en persuader ?! Pourquoi tu penses l'être ?!

Finalement, avec le recul, je me dis que peut être, ce serait une réponse et que ça expliquerait beaucoup de choses. Parce que c'est souvent en lien avec la dysphorie...

Tout est allé tellement vite, trop vite. Je ne peux m'empêcher d'avoir des questionnements sur le fait qu'il s'agit bien ou non d'un choix éclairé...

Attention, attention, attention, "marchons sur des oeufs" 

Il semblerait qu'il y a un lien étroit entre trouble de l'identité de genre et trouble borderline. 
Cela signifie que beaucoup de personnes avec un trouble de genre ont, en fait, un trouble borderline (mais attention, le contraire n'est pas vrai, le nombre de personnes avec un trouble borderline ayant une trouble de genre est beaucoup plus faible même si beaucoup de personnes borderline ont un trouble d'identité sexuelle, c'est à dire qu'ils ne savent pas si ils sont homo ou hetero ou les 2)

Une fois encore, et cela ne constitue pas une "surprise" lorsque l'on sait que la plupart des personnes borderline ne savent pas qui elles sont vraiment. Ainsi pour certaines, elles ne savent pas si elles sont un male ou une femelle... 

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Lorsque nous disons "attention", nous pensons qu'il est criminel de laisser une personne commencer un traitement hormonal pour changer de sexe et encore plus la chirurgie, cela sans auparavant s'assurer que cette personne a ou pas un trouble borderline. 
Pouvez-vous imaginer la situation d'une personne changeant de sexe dans le but de se découvrir elle-même et constatant alors que les réponses qu'elle cherchait ne sont pas au bout du voyage  ! 
Non, non, non.  Nous n'avons pas le droit dans ce type d'exemple de nous tromper de diagnostic.

(source : AAPEL)

dimanche 14 mai 2017

Flashback#03# Etat d'agitation, accélération, urgence#

Et puis en septembre 2016, tout s'est emballé ! Tu étais dans cette espèce d'état d'excitation, que j'avais déjà remarqué fin 2015 quand tout s'est révélé. Une urgence à vouloir aller plus vite que la mesure. L'urgence de l'acceptation à mon niveau, comme s'il suffisait d'un coup de baguette magique pour que l'information, cette décision, soit mieux digérée. 
L'urgence de l'accompagnement que tu souhaitais, mais que tu as décliné par la force des choses et la suite des évènements.
Tu m'avais expliqué qu'il y avait un protocole à suivre ! Mais finalement, celui-ci n'a aucunement été respecté. Ni par toi, ni par le médecin endocrinologue, qui s'est permis de prescrire une hormonothérapie sans le consentement des parents (puisque tu étais mineure). Ni le médecin pédo-psychiatre qui devait au préalable rencontrer les parents avant tout commencement de transition, pour répondre à nos questions. Lacune du système ! où le rôle du parent est bafoué ! Entrainé dans le marasme d'une cohorte qui se croit tout permis et ne respecte même plus le droit des familles, et de protection du mineur.
Tu devais te concentrer sur ta nouvelle année scolaire, prendre le temps de la réflexion, mais non ! Ce ne fût pas le cas ! Cette précipitation, cet empressement, prise dans ton groupe d'entraide, qui pronait la dépsychatrisation, démédicalisation, etc.... Mais toute action sans un cadre bien défini est voué au chaos !... 

L'ici et maintenant#01#face à face#

Lorsque je t'ai croisé brièvement l'autre jour, la semaine dernière, je ne t'ai pas reconnu. Reconnu dans ta personnalité, dans ta façon d'être. C'est comme si j'avais devant les yeux un étranger, une personne que je ne connais pas. Tout me parait sombre dans ton univers. Il n'y a plus cette "petite lumière", qui animait ta vie. Peut être la retrouveras tu un jour ? 
C'est ton choix et comme je te l'ai dit, on ne peut pas aller contre ton choix, ton choix de vie et de transition. 

Je ne sais même plus quel pronom personnel, je dois utiliser. Il ou Elle ! Et quel prénom ?!
La balance penche plus du côté de "Il". Ta voix est devenu si grave et toutes cette colère que je sens encore en toi. Tu devrais être plus en paix avec toi même, puisque c'est ton choix, ton souhait et que tu es dans ton parcours.

Je ne retrouve plus la trace de ce que tu étais. Ce que tu deviens, ce que tu imposes à ton corps, les traitement lourds de conséquences, me sont pénibles à supporter. C'est comme une destruction, un reniement de tout ce que tu étais. 
Je me dis qu'il faut garder le lien ou essayer de le retrouver, puisque tu as préféré couper le lien avec moi, mais la distance m'est nécessaire. Être trop proche, proche comme avant de toi me serait difficile. Ce que tu conçois comme une renaissance, m'apparait comme une mutilation ou une non acceptation de ce que tu es/étais.
Difficile de faire face à tout celà, mais en mon fort intérieur et tu le sais, puisque je te l'ai dit à maintes reprises, une mère ne peut cesser d'aimer son enfant. Quand on aime plus, on ne souffre plus! Mais cesser d'aimer son enfant est impossible !


Flashback#02#LE REJET#

Bizzarement, ce n'est pas moi qui t'es rejeté(e), quand tout s'est décanté comme un coup de tonnerre sur nos vies. Tu as rejeté d'un bloc la mère que j'étais. Tu parlais de "casser les codes et le moule social". Un discours bien rodé dans ton esprit. Tu as rejeté ce qu'on avait construit par amour, notre famille, le  "modèle patriarcal hétéronormatif" comme tu dis. Tu nous a mis dans la catégorie des "cis*", mot que je ne connaissais pas à l'époque, et qui nous mettait à l'écart, avec un langage de termes inconnus, qui mettait de la distance entre nos façons de voir le monde. Nous n'étions plus dans la même réalité. Notre amour, notre famille devenait ton ennemi ! L'ennemi à abattre. Pourquoi ?
Tu as renié ta conception même et le fait de t'avoir mise au monde. Ces  mots que je ne pourrai jamais oublié sont restés gravés en moi. Et cette incompréhension me colle à la peau. 
Nous n'étions plus sur la même longueur d'ondes, je n'ai jamais considéré en créant ma famille par amour, correspondre à un "modèle patriarcal hétéronorminatif".
Nous avons seulement été ton père et moi, deux êtres qui se sont rencontrés et qui se sont aimés, d'un amour vrai et sincère, complémentaires. En est venu le désir de fonder une famille par amour. Mais tout ça, a depuis a volé en éclat !
Avec le recul, je me dis que tout était planifié dans ta tête bien pleine et farcies de ces inepties qui remettaient en cause la science et la biologie. Mais jamais tu n'as dit clairement les choses. Nous mettant à tes 16 ans devant le fait accompli !
Tu es devenu étanche à tout dialogue, à toutes autres ouvertures. Tout ce que je disais, toutes les questions que je posais pour essayer de comprendre sans juger t'agaçais. Comme si sans explications, il aurait fallu que je comprenne ce nouveau langage, où tu voulais en venir exactement. J'étais bête à tes yeux, bête à ne pas comprendre...

*cis : "Le mot latin cis signifie « du même côté » et est le contraire de trans."

Différents Lexiques et liens explicatifs